Fil d’actu du 2 mai 2026

1.   C’était la semaine mondiale de la vaccination

L’OMS, organisation mondiale de la santé fournit des chiffres sur les maladies évitables. Ceux de la France ne sont pas fantastiques car les réticences à la vaccination ont tendance à augmenter. Diffusez cette tribune écrite à l’initiative de l’Institut Pasteur. Des chiffres qui pourront peut-être convaincre ceux qui doutent.

 

2.   Curatif et/ou préventif

L’IRDES, Institut de recherche et de documentation en économie de la santé, publie un travail qui pose la question de notre système beaucoup plus tourné vers le curatif que le préventif. Certes, cela est vrai et peut poser question. Mais quand on travaille sur le terrain aujourd’hui et que l’on croise nombre d’abandons de soins et des situations de « déserts médicaux », commet voulez-vous trouver le temps du préventif ? Alors que l’on a peine à trouver le temps de soigner les files d’attente de patients. Peut-être le jour où l’Université aura décidé de former plus de médecins de santé publique. Cela pourrait être le moment puisque le nombre de médecins formés pose aussi la question de quoi en faire d’ici quelques années. Bénéficier de quelques médecins de santé publique dans chaque département pour gérer nos bases de données et mettre en place des programmes de prévention, voilà qui aurait de l’allure.

 

3.   La capitation gagne du terrain

Le mode de rémunération à la capitation (par nombre de patients) progresse doucement mais surement. Il est déjà pratiqué dans de nombreux autres pays alors que le paiement à l’acte reste très majoritaire en France du fait entre autres de la résistance des représentations professionnelles. Après les MSP et les centres de santé entrés dans l’expérimentation PEPS (paiement en équipe de professionnels de santé), puis ceux qui entrent via la convention médicale, un arrêté publié au JO permet à une autre expérimentation de l’article 51 porté par IPSO Santé s’intitulant « Médecin traitant renforcé » de s’ouvrir aux volontaires. Cela va finir par faire du monde. Cela doit bien avoir des avantages quoiqu’en dise les critiques.

 

4.   Cour des comptes et qualité des soins

La Cour des comptes s’est penchée sur la qualité des soins au sein des établissements de santé du secteur hospitalier. Cela ne concerne pas les MSP. Mais la synthèse de ce rapport se lit avec intérêt et permet d’imaginer les questions que pourraient se poser les équipes en MSP. Est-ce que votre projet de santé permet de mesurer les évolutions de la qualité des soins ? Est-ce que votre projet de santé permet d’améliorer la qualité des soins aux patients de la MSP ? Votre projet de santé renforce-t-il la culture de la qualité des soins auprès des professionnels de l’équipe tout en intégrant la place du patient ? Si les MSP continuent de se développer en devenant des établissements de soins primaires, ces questions finiront par arriver.

 

5.   Plus de 3 000 € remboursés par patient

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie comme chaque année des données sur les dépenses de santé. En 2023, la somme moyenne remboursée par patient est de 3 124 €. Cela peut monter à plus de 9 000 € pour un patient âgé en ALD. Vive la solidarité.

 

6.   Errata historique, un lecteur nous écrit

Jean-Michel CHABOT me fait remarquer une information erronée que je m’empresse de corriger. En effet la liberté d’installation ne figure pas dans les principes énoncés dans la charte de 1927.

« Cette charte posait les 5 principes suivants : libre choix de son médecin par le patient, liberté de prescription, secret médical, contrôle des malades par les caisses d’assurance maladie, liberté tarifaire. C’est seulement en 1970, lors de l’institution de la première convention médicale que ces principes ont été inscrits dans le code de la santé publique, à l’exception bien sûr de la liberté tarifaire que l’on appelait aussi la « libre entente » entre médecin et patient. Elle disparaissait de fait avec le tarif conventionnel. Si bien que les négociateurs de l’époque ont eu la malice de remplacer cette liberté tarifaire mourante par une liberté d´installation … qui n’avait jamais été contestée, mais qui était « séduisante et opportune » alors que l’hyper démographie médicale qui allait sévir dans les années 80 et 90 était déjà prévisible avec les 14 000 étudiants en deuxième année d’études à la rentrée de 1969. Voilà qui relativise le caractère historique de cette liberté d’installation, abusivement présentée par les représentants professionnels et les politiques comme un principe intangible ».

Vous pouvez approfondir cette question en relisant cet article de la Revue du Praticien. Pour finir, il est aujourd’hui évident que ces principes de 1927 transcrits dans la loi républicaine en 1970, sont totalement dépassés car inadaptés à la société et l’épidémiologie actuelle. Il serait temps de définir de nouveaux principes qui adopteraient la coordination interprofessionnelle et l’attention aux attentes des patients. Il y a du boulot.

Bien cordialement.