Fil d’actu du 6 juin 2026
1. ACI des maisons de santé, un avenant n°2 bien compliqué
Le texte de l’ACI a été diffusé par un syndicat, la FMF, ce qui permet enfin de le lire en l’état. Ce texte n’est pas celui validé par publication au Journal Officiel, et nous reviendrons plus précisément sur ce texte après sa publication. En attendant, il y a débat dans le milieu professionnel entre ceux qui vont signer et ceux qui refusent. Des avis critiques sont diffusés quand d’autres se félicitent de cette avancée. La lecture du texte montre qu’il n’y quasiment rien de changé sur l’ACI lui-même, à part quelques babioles. Les engagements et les montants sont pratiquement les mêmes qu’avant. Seuls changements, on ne parle plus de points mais seulement de montant (sans les changer) et un indicateur apparait en plus sur la santé environnementale. Il semble donc qu’il n’y avait pas eu de négociation sur le texte de l’ACI, mais seulement sur le réseau France Santé. Bizarre.
L’intérêt de ce texte est l’ouverture sur IPEP (incitation à une prise en charge partagée) qui est une bonne chose pour l’avoir expérimenté dans l’article 51. Car dans ce dispositif, l’équipe peut gagner mais ne perd rien. Seul souci, une équipe ne sait pas combien elle va gagner et il est donc difficile de prévoir des dépenses comme des embauches en regard des gains potentiels.
Quant au dispositif « France Santé », c’est une usine à gaz comme savent en produire les français. La lecture du texte fait froid dans le dos, car il y a une accumulation de 16 indicateurs dont la plupart nécessitent un réel travail d’équipe. L’équipe doit choisir 8 indicateurs sur les 16 proposés. Très loin de l’idée qu’à plus de 3 indicateurs, une équipe se noie. Bizarrement, un seul indicateur vise les territoires en « grande fragilité » alors que France Santé voulait répondre aux déserts médicaux. De manière pragmatique, comme pour IPEP, il n’y a rien à perdre mais que des gains éventuels, donc les équipes devraient logiquement s’engager. La CNAMTS annonce un gain moyen de 50 000 € l’année par équipe, mais cela reste à voir dans la pratique. Tout ceci donne une impression de complexité croissante, qui peut permettre d’obtenir plus de moyens, mais au prix d’un nombre d’indicateurs risquant de transformer les soignants en chasseurs de primes. Vous trouverez plus d’informations sur chacun des items dans un webinar de AVECsanté qui en a une vision optimiste.
2. Quatrième année d’internat des médecins généralistes juniors
Nous l’avons évoqué plusieurs fois pour dire que nous pensions cette 4ème année d’internat bien mal à propos dans ces temps de manque de temps médical. Une instruction interministérielle est parue au Bulletin Officiel pour donner les détails de l’organisation de cette 4ème année. Si vous pensez devenir lieu de stage pour un docteur junior, vous lirez ces pages pour être au clair.
3. Des Ordres en grand désordre
L’inspection générale des finances a effectué une mission de vérification des Ordres des médecins, des pharmaciens et des chirurgiens-dentistes. La lecture de la synthèse n’est pas glorieuse pour les Ordres. C’est une liste de manquements à leurs missions. A tel point que l’IGF suggère une suppression des Ordres. Ou au pire une réforme profonde en ne créant qu’un seul Ordre des professions de santé avec un meilleur contrôle de ses missions. Il nous faut espérer qu’au moins cette proposition de l’IGF soit retenue : « … la priorité à la maîtrise des dépenses de l’ordre, visant à éviter toute augmentation injustifiée de la cotisation au regard des services rendus et des réserves disponibles ». Les médecins sociétaires d’une SEL, société d’exercice libéral, qui se sont vu demander cette année des cotisations exorbitantes apprécieront.
Bien cordialement.